je te laisserai parler.

bavardons intarissablement
des fois le soir
quand on prend le temps des fois

mais oui je travaille fort
c’est qu’il doit y avoir un mécanisme de pété
un bout de conscience absent

et si parfois
tu n’mécoutes pas
écoute-moi pas
je me désincrusterai

philosophe amical
de l’acceptable
tannante sociale incohérente

je sarcle les narcissus des plate-bandes
je plante des guirlandes
je coupe la langue des autres
trop emportée par le courant du souffle

mes idées omnipotentes
écrase-les moi dans le ventre
mes pilules du microbiome s’en foutent

et les voix grasses de fin d’aprèm
et le piano et l’instrument à vent
mon p’tit cerveau oublie vite
ils se pratiquent en anglais
à être meilleurs que moi
mais jouez jusqu’à la fin de ces lignes
que désenflent mes œdèmes
que m’inspirent ces marmottements

et qu’on me prescrive autre chose qu’un poste en commandites
je continuerai mes motifs curvilignes
mes serviettes à rabais

c’est qui dans mon moi c’est quoi
qui peut m’arrêter
ma méthode est à peaufiner

éclabousse-moi l’inspiration à off
sors le vieux stock du coffre
ou oublie-moi dans ma boite
je jaspinerai jusqu’à avoir tout dit
toute cette boutade moite
sans élan de kangourou
laisse-moi juste quelques trous

et les téléphones brisent toujours le samedi

colmate-toi de mon besoin des conversations banales
fais-moi tomber de mon équilibre verbal

je te laisserai parler.
je te laisserai parler.
je te laisserai parler.
je te laisserai parler.

et j’écouterai mon crayon tracer la solution solennelle
mes créatures romanichelles
mes mégapoles
me réconforteront la couverte de l’horizon sur les épaules