les pas ouatés

avec toi je prends mon temps
on s’épluche lentement
on est des animaux qui bourgeonnent
les vagues la musique la bière à la tonne

on s’improvise des faces d’hérisson
tes babines confortables
tes fesses en fruit de la passion
tu goûtes bon même presque l’érable
même ton haleine est en fleur
toujours même le matin
et mes cheveux qui allongent tu les flattes
et je m’endors dans ta main
et je fais l’acrobate
tu m’aides tu me soulèves la patte d’oie
ça me coupe le souffle et je meurs
pas tout à fait je respire par les craques d’ombre de nuit
j’attrape des spasmes moelleux en biscuit
des bouffées d’été en diadème
j’ai l’entre-cuisse en fondue au chocolat
je fonds en sucre à la crème

et on se rit dans les yeux
s’embrasse velouté
s’échange des secrets montagneux
avec tes mots en alcool de blé

toi les mystères t’habillent chaudement
moi j’ai les dénouements impatients
mais tu m’apprends le doux
et je te dessine des froufrous
et je veux toi
tes pas ouatés
comme des sundaes
et tes «bonne nuit»
tu es celui
je suis celle-là