histoire # 15 «You just saved the night!» (la suite)

Bon alors comme je disais, j’ai pas juste «sauvé la soirée» ce samedi-là… J’en reviens encore pas men! Il allait bientôt être cinq heures quarante-cinq et la fille du matin était pas encore là. Faque on l’a appelée pis ça tombait direct sur son répondeur. Faque on a appelé Karen pis ça répondait pas. Faque on a appelé Anne, la fille qui rentrait à dix heures, pis ça répondait pas. Faque on s’est tous regardés mutuellement à la table, (en fait non, tout le monde m’a regardé moi avec des yeux qui voulaient dire: Geneviève on a besoin de toi) et finalement j’ai dit avec une face de pet: «Ouais ok je vais rester ce matin.» Parce que tsé, je sais que je suis celle qui a fait pendant le plus longtemps les déjeuners et aussi je suis gentille. À ce moment je me sentais encore en forme, sur le beat de la nuit, pis j’me disais ahh, la fille du matin doit avoir manqué son autobus, je m’imaginais des scénarios plausibles et pardonnables.

Alors j’ai été compter la caisse du matin, fait les inventaires, starté du nouveau café, mélangé le jus d’orange, préparé les menus à déjeuner (je fais toujours deux piles; les menus en français, les menus en anglais, après ça va plus vite pour les donner aux p’tites madames aux p’tits monsieurs). Tranquillement les gens ont commencé à quitter; avant de franchir la porte de dehors tout le monde m’a donné un beau p’tit bec sur la joue. J’étais contente au moins. Dehors ils ont jasés un peu. Avec aussi Étienne le cuisinier gentil-mais-des-fois-j’pas-sûre. Moi j’suis allée les rejoindre un peu plus tard, pour parler des pigeons sur le toit de l’immeuble en face et boire une bière. (Ben nonnnn!) Pis ben c’est ça. Et après que tout le monde soit partit (même Samuel qui attendait pour son bus de sept heures pour aller acheter du poulet spécial portugais pour Pâques), il n’y a eu personne pendant une heure dans le restaurant. C’était vide. Et moi je suis comme devenue folle un peu. Les cuisiniers savaient plus quoi faire de moi. J’étais fatiguée, et ça me tentait plus faque j’ai commencé à mettre le cd de Fanny Bloom à fond la caisse dans le resto et je chantais toutes les tounes parce que je connais toutes les paroles et là les cuisiniers ils étaient exaspérés. Et là Mikaël il me suppliait d’arrêter. Mais Polo et Jonathan ils me trouvaient drôle. Et là je dansais partout et ça me faisait du bien.

Après ça j’ai eu quelques clients, c’tait pas si pire. Et Anne est arrivée. J’étais contente. Finalement j’suis restée jusqu’à neuf heures du matin man! De vingt-deux heures à neuf heures du mat! Ça fait long longtemps. Bref c’est là qu’Anne m’a appris la sûrement-vraie raison pour laquelle la fille du matin (qui est nouvelle, il faut le mentionner) n’est pas rentrée. Elle m’a dit que la serveuse en question avait eu son premier shift la veille et qu’aussi elle avait mentionné qu’elle ne pouvait pas rentrer le lendemain matin (soit ce dimanche matin-là). Mais elle n’avait pas réussi à se faire remplacer. Ça veut dire qu’elle n’est tout simplement pas rentrée travailler parce qu’elle n’a pas trouvé de remplaçante! Sans avertir personne, ni rien! Ah mais vraiment! Merci! C’est fort apprécié. Cette fille-là ne travaillera sûrement plus jamais à La Banquise. Je dis ça de même. (Anne dit ça de même aussi.) Haha.

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s