histoire # 7 (la routine)

Quand mon réveil matin sonne soit à quatre heures quand je me lave les cheveux soit à quatre heures et demie quand je me lave pas les cheveux, c’est quand même dur. Ça me prend un p’tit temps dans mon lit, un p’tit temps pendant lequel je me dis «crime c’est fucking tôt pourquoi je travaille là». Puis, je me lève pis mon cerveau se réveille tranquillement pis j’ai envie d’aller travailler finalement parce que je me rappelle que j’aime ça travailler là.

Quand j’arrive le matin les filles de nuit sont soit dans le rush parce que y’a eu beaucoup de saouls durant la nuit soit elles sont assises à la table et me regardent entrer quand je rentre dans le restaurant pendant que je leur dis un beau grand «allo» pendant qu’elles me répondent avec un «allo-moyen-j’ai hâte de crisser mon camp» (ou un «allo-moyen-j’me crisse de toi»). Les filles de nuit je les croise juste pendant ce temps-là. Pendant que je rentre pis pendant que je fais l’inventaire des fromages des bières des cidres. Pendant ce temps je croise aussi les cooks de nuits eux autres ils sont toujours contents de me voir. Y’en a un qui m’aime mais je ne le sais pas.

Quand je travaille je suis contente. Je fais mes p’tites choses tranquille le matin (tranquille quand y’a pas de rush). Je prépare des montages de café dans les filtres à café pour que ça aille plus vite. Je mets les p’tites crèmettes pis les p’tits laits (laitettes) dans les p’tits bols blancs. Je nettoie les tables avec le produit orange. Je clean la machine à expresso. Je demande à Carlos de m’amener les oranges les citrons les pailles les napkins les tabascos quand y’en a plus (tout le temps) les vinaigrettes la mayonaise et tout et tout. Je fais mes affaires en écoutant ma musique pas assez douce pour les clients qui viennent de se lever parce que nous on est hot de même.

Quand je travaille je suis encore plus contente d’une affaire. C’est de rire avec mes collègues. De préparer son café latté à Marie-Isabelle avec du miel dedans. De préparer aussi son moka à Marie-Pier. De préparer les cafés du monde parce que les miens sont les meilleurs, c’est connu. De danser avec Jonathan sur de la musique classique dans la cuisine. De parler en espagnol avec Polo. D’écouter les histoires d’amour de Jean-Paul. De parler des miennes à Reda.

Ce qui me fait rire c’est quand les cuisiniers ils me reprennent parce que je parle trop vite ou j’essaie de dire trop de choses en même temps pis après ils me disent «Geneviève!! La drogue c’est après la job, pas avant!» ou encore «Geneviève!! Il va falloir que tu me dises où tu prends ton stock parce que c’en est du bon!» Ils me font rire. Je suis énarvée de même de nature, je suis perdue de même de nature, je ris comme ça, oui, je fais ces mooves là, pis oui c’est moi qui dessine les animaux bizarres sur le tableau des shifts des serveuses! J’en fais un nouveaux à chaque fois que c’est moi qui écrit l’horaire. Pour ceux qui critiquent, tant pis pour vous. Ça fait jaser en tout cas!

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